Un film écrit et réalisé
par Tewfik Farès
Coproduction SENTINELLE PRODUCTIONS / FRANCE 3 LORRAINE-CHAMPAGNE-ARDENNES
/ INA ENTREPRISE
Le film commence par un pré-générique sur
le mystère prodigieux de la formation du Charbon, ce travail
de la nature, cette alchimie de la terre qui digère sa
propre flore en un long processus où eau et feu se conjuguent
pour la repousser et l'enfouir au plus profond d'elle-même,
transmutation du végétal en minéral, diamant
noir offert à la convoitise et au progrès nécessaire
de l'homo faber.
Une façon de situer d'emblée le film dans la symbolique
à la fois mortelle et vitale du Charbon et de la Mine.
La première partie du film, L'Adieu à la Mine,
décrit l'Histoire des 50 dernières années
du XXe siècle qui est encore le nôtre, ce que le
charbon représente dans l'économie des sociétés
industrielles. Elle explique ce que notre monde doit au charbon
et comment la houille devait mourir peu à peu de la richesse
même et de l'avancée technologique qu'elle apporta
à l'Homme. Et souligne que, depuis la nationalisation des
charbonnages par le Général De Gaulle à la
Libération, cette source d'énergie fut la seule
à rester propriété de la Nation jusqu'à
aujourd'hui.
Dans la deuxième partie, L'Adieu aux Mineurs, c’est
la condition des mineurs — ce qui fut leur vie — qui
est évoquée. Tous les hommes et les femmes de la
mine, enfants qui suivirent sans états d'âme le chemin
de leurs pères, femmes qui passèrent une partie
de leur vie sur le carreau, "gueules noires" du fond
ou hommes du jour, ouvriers et spécialistes, porions et
haveurs, ingénieurs et patrons. Sans oublier le Pacte charbonnier,
acte de reconnaissance entre la collectivité nationale
et les mineurs des Houillères du Bassin et de la Lorraine
: il permet aux mineurs de quitter la mine dans la dignité,
à la mine de retrouver le calme des origines, à
la Lorraine de lancer d'autres défis.
On ne quitte pas la mine comme on quitte son passé...
Si la vie doit cesser dans les ténèbres des profondeurs,
elle doit continuer à la lumière du jour...
En surface, il faudra réhabiliter le paysage urbain et
industriel lorrain. Il faudra sauver une partie des sites devenue
symbolique d'une architecture désormais entrée dans
l'Histoire et qui doit être préservée dans
la mémoire des générations futures. Peut-être
est-ce là le véritable legs de ces années
de charbon.
«Au commencement était le végétal»...
À la fin aussi, c'est le végétal qui reprend
peu à peu sa place, comme s'il ne l'avait jamais quittée
depuis 300 millions d'années. |